À Bouloc, au nord de Toulouse, Antoine Rouiller a choisi de construire son projet à petite échelle. Son domaine La Valette compte trois hectares dans le vignoble de Fronton. Une reconversion engagée à l’approche de la cinquantaine, après une enfance marquée par les étés passés dans les vignes familiales du Saumurois.
Dans le Frontonnais, il a trouvé un cépage qui l’a séduit : la négrette. Cette singularité locale, associée à la diversité de son vignoble, nourrit sa recherche de vins qui portent la marque de leur origine. Sur ses trois hectares, le vigneron explique cultiver huit cépages, autant de possibilités pour composer ses cuvées.
« Mon modèle, c’est justement un modèle de peu de quantité, de qualité, de petite cuvée, de cuvée travaillée. »
Cette démarche répond aussi à sa lecture du marché. Selon lui, les producteurs doivent davantage tenir compte d’une consommation devenue plus occasionnelle et d’une demande de fraîcheur, de proximité et de caractère. Le vin prend alors la place d’un produit choisi pour un moment particulier.
Ce modèle reste exigeant : Antoine Rouiller conserve une activité professionnelle en parallèle, son vignoble ne lui permettant pas aujourd’hui de vivre uniquement de la vigne. Mais les petites quantités lui donnent aussi la possibilité de travailler selon ses convictions, en agriculture biologique, avec une attention particulière à l’environnement.
« Polluer le futur pour un objet de luxe, ça n’a pas de sens. »
Sa cuvée Arlequin rouge constitue un motif de fierté : il raconte avoir obtenu deux étoiles au Guide Hachette et une médaille d’or à Fronton en 2026. Une reconnaissance qu’il reçoit aussi comme celle de ses pairs, après seulement quelques années de vinification.




