À Castanet-Tolosan, les marchés de plein vent ne se résument plus à de simples lieux d’achat. La municipalité entend en faire de véritables espaces de vie, de rencontres et de sensibilisation autour de l’alimentation locale et des circuits courts. Une orientation qui se traduit par une programmation d’animations tout au long de l’année, avec un temps fort du 19 au 23 mai à l’occasion de la semaine de l’alimentation, baptisée cette année « L’assiette en fête ».
La commune organise trois marchés hebdomadaires : le mardi matin et le vendredi après-midi sous la Halle, ainsi que le samedi matin place Argyroupoli, dans le quartier de la Verte-Prairie. Le marché du mardi, avec plus de 90 commerçants et producteurs, figure parmi les plus importants du Sicoval et attire une clientèle bien au-delà des limites de la commune.
Pour Luc Evans, adjoint au maire délégué aux Entreprises, à l’Emploi et à la Gestion des marchés de plein vent, ces rendez-vous doivent rester des lieux vivants et attractifs. « Faire vivre les marchés, c’est ce qui permet de les dynamiser, d’attirer des gens qui ne seraient pas forcément venus et de leur faire découvrir le marché sous un autre jour », explique-t-il. « Ce n’est pas juste venir faire ses courses, c’est aussi découvrir des produits, une façon de travailler et la passion des commerçants. »
Une semaine dédiée à l’alimentation
La semaine « L’assiette en fête » s’inscrit dans cette dynamique. Pendant plusieurs jours, des animations seront proposées dans différents lieux de la ville : écoles, restaurants scolaires, Espace de Vie Sociale l’Escambi, cinéma, associations partenaires et marchés.
Sous la Halle, plusieurs ateliers culinaires gratuits seront organisés en lien avec les commerçants et associations locales. Le mardi 19 mai, l’association Popote, Papote et Potagers proposera un atelier cuisine autour des productions des jardins partagés. Le vendredi 22 mai, le traiteur Théo Quiros animera un atelier consacré à la fabrication de pâtes fraîches. Enfin, le samedi 23 mai, un atelier de confection de sushis permettra au public de découvrir la cuisine japonaise.
« On aura des ateliers cuisine avec des commerçants du marché eux-mêmes », souligne Catherine Lartigue, placière des marchés castanéens. « Le samedi matin, le Japon débarque dans vos assiettes avec un atelier gratuit de fabrication de sushis offert par la mairie. »
Au-delà de l’aspect festif, la municipalité revendique une démarche de sensibilisation autour de l’alimentation saine, du goût et des circuits courts. « L’idée, c’est de redonner le goût aux citoyens de venir sur les marchés », insiste Luc Evans. « Consommer des produits frais, de saison, issus de producteurs qui travaillent de manière raisonnée, c’est autre chose que des produits transformés qui ont perdu leur goût. »
Le label « Ici c’est local » pour mieux identifier les producteurs
Depuis plusieurs années, la ville a également mis en place une signalétique spécifique sur ses marchés avec le label « Ici c’est local ». Des panneaux permettent aux consommateurs d’identifier l’origine des produits et les modes de distribution.
« C’était un des projets principaux du précédent mandat », rappelle Luc Evans. « Cette étiquette permet de voir si l’on achète directement à un producteur, si le produit vient d’un circuit court et s’il y a des intermédiaires. »
Trois logos distincts permettent ainsi d’identifier les produits locaux dans un rayon de moins de 150 kilomètres, les circuits courts plus éloignés ou encore les produits passant par un intermédiaire.
Pour la municipalité, cette démarche vise aussi à encourager une consommation plus responsable. « Le consommateur peut avoir une forme d’engagement dans son achat », estime l’élu. « Favoriser les circuits courts, c’est soutenir des producteurs locaux et des méthodes de travail plus raisonnées. »
Selon Catherine Lartigue, les commerçants ont rapidement adhéré au dispositif. « Ça met en avant leur savoir-faire. Ils ne sont plus noyés dans la masse comme de simples revendeurs. »
Une alternative aux grandes surfaces
Dans un contexte où les débats autour de la malbouffe et de la qualité alimentaire prennent de l’ampleur, la municipalité défend les marchés comme une alternative crédible aux grandes surfaces et à la restauration rapide.
« Les marchés ont souvent l’image de produits chers, ce qui est totalement faux », affirme Luc Evans. « Il faut venir, comparer les prix et regarder la qualité des produits. Même des producteurs bio restent accessibles lorsqu’ils travaillent sur des produits de saison. »
La ville souhaite également valoriser les solidarités entre commerçants et producteurs locaux. « Les marchés, c’est une grande famille où il y a beaucoup d’entraide », poursuit l’adjoint au maire. « C’est ce type de dynamique qu’on veut favoriser plutôt qu’un modèle où les producteurs sont peu rémunérés. »
Une commission consultative pour associer habitants et commerçants
Autre nouveauté : la création d’une commission consultative des marchés. Cette instance réunira commerçants et habitants afin de discuter du fonctionnement des marchés et de leur évolution.
« L’idée, c’était de pouvoir davantage impliquer les citoyens mais aussi les commerçants », explique Luc Evans. « Un marché, c’est un équilibre très fin. Si l’on ajoute trop de commerçants dans une même activité, cela peut fragiliser l’ensemble. »
Cette commission doit permettre aux habitants de mieux comprendre les contraintes d’organisation tout en faisant remonter leurs attentes. La municipalité espère également étendre à l’échelle du Sicoval certaines initiatives locales, notamment le label « Ici c’est local », afin d’harmoniser les repères pour les consommateurs sur l’ensemble des marchés du territoire.
Au-delà des animations ponctuelles, Castanet-Tolosan entend ainsi faire de ses marchés des lieux centraux de la vie locale, où alimentation, économie de proximité et convivialité se rejoignent au fil des saisons.




