À Montolieu, près de Carcassonne, Yohanna Nydegger incarne une autre étape du métier : celle d’un domaine encore jeune, dont il faut développer à la fois les vins et les débouchés. Installée avec son mari depuis 2020 au pied de la montagne Noire, elle a choisi de revenir à l’agriculture après avoir notamment travaillé dans l’animation et la restauration.

Le domaine de Carmen est engagé en agriculture biologique depuis la reprise, avec une certification obtenue en 2023. Au chai, le couple travaille avec les levures indigènes et cherche à limiter les intrants, de la vigne à la bouteille.

Mais produire ne suffit pas. À mesure que les volumes vinifiés augmentent, la recherche de clients devient centrale. Jusqu’ici, Yohanna Nydegger s’est surtout appuyée sur les marchés et la vente locale. Trouver des professionnels demande un temps difficile à dégager entre les travaux agricoles, les vendanges et les animations du domaine.

« J’ai du mal à trouver des pros. »

Dans les vignes, l’adaptation se joue aussi au quotidien. Elle explique avoir laissé davantage retomber la végétation pour que les feuilles protègent les grappes du soleil. Elle raconte également les replantations engagées pour faire évoluer la production, notamment vers davantage de blanc.

« Nous, on a arraché, mais c’est pour replanter. »

Cette phrase dit sa volonté de poursuivre, dans un département où l’arrachage accompagne aussi des cessations d’activité. Pour elle, renouveler les vignes reste un pari sur l’avenir.

Faire vivre le domaine passe enfin par l’accueil du public. Le couple organise des concerts, mais les restrictions d’accès liées au risque d’incendie ont perturbé leur tenue estivale. Yohanna Nydegger envisage désormais davantage de rendez-vous au printemps ou à l’automne. Une manière de maintenir le lien avec les visiteurs tout en ajustant, là encore, son activité aux contraintes du climat.